La DdC — Le magazine de la Duchesse
ÉPIDÉMIE RÉSULTATOIRE
Entreprise5 octobre 2026

ÉPIDÉMIE RÉSULTATOIRE

Invitée aux grandes rencontres de l’entreprise et de l’économie, la DdC assiste à la conférence du professeur Paul Marcus de La Barrière consacrée à l’Épidémie résultatoire et à la Loi fondamentale du résultat suivant.

La DdC3 min de lecture

Invitée aux grandes rencontres de l’entreprise et de l’économie, la DdC a assisté à la conférence du professeur Paul Marcus de La Barrière consacrée à un phénomène encore insuffisamment pris en compte dans les organisations: la multiplication du besoin de résultats.

L’amphithéâtre était presque complet lorsque la DdC prit place au premier rang.

Dirigeants, économistes, représentants d’entreprises et spécialistes de l’organisation s’étaient réunis pour une journée consacrée aux nouvelles formes de performance.

À 10 h 15, le professeur Paul Marcus de La Barrière monta à la tribune.

Le professeur est connu des Crestignaciens. Spécialiste reconnu du Moro-sphinx, ses travaux lui ont notamment valu de recevoir des mains de la DdC le Phacochère d’Or.

Il avait aujourd’hui quelque chose à dire sur l’entreprise.

Le titre de sa conférence était:

« L’Épidémie résultatoire: mécanismes de propagation et risques organisationnels»

Le professeur commença par rappeler un principe trop souvent négligé.

Un résultat n’est jamais un événement isolé.

L’obtention d’un premier résultat entraîne généralement une satisfaction légitime. Cette satisfaction conduit toutefois à considérer que l’obtention d’un résultat est possible.

C’est à cet instant précis que le risque apparaît.

Car dès lors qu’un résultat a été obtenu, quelqu’un peut raisonnablement demander:

« Et le suivant?»

Le professeur rappela alors la Loi fondamentale du résultat suivant, bien connue à Crestignac:

« Le résultat ne crée pas le résultat: il crée quelque chose de bien plus dangereux, le besoin du résultat suivant.»

L’Épidémie résultatoire désigne précisément la propagation de ce besoin.

ÉPIDÉMIE RÉSULTATOIRE

Un résultat obtenu par un service peut donner à un autre service l’idée d’en obtenir également un.

Deux résultats successifs peuvent quant à eux laisser penser qu’un troisième est envisageable.

À partir de trois, le professeur estime que la situation doit faire l’objet d’une surveillance particulière.

Le résultat modifie l’attente

Paul Marcus de La Barrière insista longuement sur ce point.

Avant l’apparition du premier résultat, l’organisation peut fonctionner pendant une durée considérable sans que son absence constitue nécessairement une difficulté.

Réunions, études, consultations, arbitrages et présentations permettent alors de maintenir une activité soutenue.

L’apparition d’un résultat modifie profondément cet équilibre.

Ce qui était jusque-là considéré comme exceptionnel peut devenir reproductible.

Puis attendu.

Puis demandé.

Le résultat possède ainsi une particularité rarement observée dans les autres productions de l’entreprise:

il crée une attente supérieure à sa propre existence.

Le phénomène peut alors se propager.

Un collaborateur ayant obtenu un résultat peut être sollicité pour expliquer comment il l’a obtenu. Une méthode peut être identifiée. Celle-ci peut être présentée à d’autres collaborateurs qui pourraient être tentés de l’utiliser à leur tour.

Le foyer initial devient alors difficile à circonscrire.

Le risque de Prematurework

Le professeur attira également l’attention de l’assemblée sur l’un des principaux effets secondaires de l’Épidémie résultatoire: le Prematurework.

ÉPIDÉMIE RÉSULTATOIRE

À force d’attendre des résultats, certaines organisations peuvent être conduites à entreprendre des actions avant que toutes les conditions permettant de les différer aient été examinées.

Le risque devient alors systémique.

Des décisions peuvent être prises.

Des actions peuvent être engagées.

Et, dans les cas les plus avancés, certains travaux peuvent même être terminés.

Plusieurs dirigeants présents dans la salle prirent des notes.

Une question de maîtrise

Le professeur de La Barrière se voulut néanmoins rassurant.

L’Épidémie résultatoire ne suppose pas l’abandon du résultat.

Elle nécessite simplement de comprendre qu’un résultat obtenu aujourd’hui peut constituer une attente dès demain.

La prudence impose donc de ne jamais considérer un résultat uniquement pour ce qu’il produit, mais également pour les résultats futurs qu’il pourrait donner envie de réclamer.

À l’issue de la conférence, la DdC salua la qualité des travaux présentés.

« Je ne suis naturellement pas opposée aux résultats. Certains ont rendu de grands services.
Il convient simplement de rester attentif à ce qu’ils peuvent entraîner.»

Le professeur Paul Marcus de La Barrière acquiesça.

Il avait encore quelque chose à dire.

Mais le déjeuner était servi.

La DdC — Crestignac

La situation n’a pas évolué. C’est la preuve que nous la maîtrisons.

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