Pralinons! Éducons!
Monsieur Buskin, ministre de l’Éducation de Crestignac, présente sa méthode pédagogique fondée sur les pralines, la manipulation concrète et la maîtrise des bases.
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Le ministre Buskin présente sa nouvelle méthode pour restaurer les savoirs fondamentaux
La crise de l’Éducation aurait enfin trouvé sa réponse. Elle n’était ni dans les programmes, ni dans les moyens, ni même dans la formation des enseignants. Elle était dans la praline.
Lors d’une conférence solennelle, Monsieur Buskin, ministre de l’Éducation de Crestignac, a présenté sa nouvelle doctrine pédagogique: la méthode Buskin à base de pralines.
« On parle beaucoup des fondamentaux, mais encore faut-il pouvoir les toucher», a expliqué le ministre, une praline à la main. Car pour Monsieur Buskin, l’enfant doit d’abord manipuler le savoir avant de prétendre le comprendre.
« Sans manipuler un kilo de sucre, on ne sait pas qu’en le divisant en deux, cela fait 500 grammes.»
Le principe est simple: chaque élève recevra un kilogramme de pralines qu’il devra compter, peser, partager et, si nécessaire, consommer. Les mathématiques redeviendront ainsi une matière concrète, même si elles risquent de devenir légèrement collantes.
La culture générale commence par une praline
Mais la praline ne sert pas seulement à apprendre à compter. Elle permet également d’aborder l’histoire, les sciences, le commerce et, selon le ministre, « l’origine des choses».
« Savez-vous que la praline vient d’un pharmacien? Sinon, comment pouvez-vous prétendre maîtriser les bases? Hélas, peu les maîtrisent.»
Face aux interrogations de plusieurs spécialistes sur l’exactitude de cette affirmation, Monsieur Buskin a rappelé que l’essentiel n’était pas de savoir si elle était vraie, mais de savoir qu’elle constituait une base.
La méthode reposera sur cinq étapes: manipuler le concret, compter, partager, connaître l’origine, puis réfléchir avant d’utiliser la calculette.
« Je ne suis pas contre la calculette, du moment que l’on ne se trompe pas de touche.»
Un tronc commun et un sachet individuel
Le ministre souhaite instaurer cet enseignement dès l’école primaire, le poursuivre dans le secondaire, puis dans le tertiaire.
« Il faut un tronc commun en primaire, en secondaire et en tertiaire. Et finalement dans l’entreprise.»
Chaque citoyen devra donc pouvoir justifier d’une maîtrise suffisante de la praline avant l’obtention d’un diplôme ou la signature d’un contrat de travail. Un certificat de compétences pralinées pourrait prochainement être exigé pour accéder aux emplois à responsabilité.
Le latin sera également maintenu dans les programmes.
« Le latin, tout le monde sait que cela ne sert à rien, mais c’est tout de même utile.»
Le mot pralina pourrait ainsi être décliné à tous les cas, y compris dans ceux où il n’a jamais existé.
Une méthode, un ministre, une base
À ceux qui lui demandaient quelle méthode pédagogique devait être privilégiée, Monsieur Buskin a répondu avec la précision qui caractérise désormais son action:
« Toutes les méthodes sont bonnes, du moment que cela dépend de l’enseignant. Et de l’élève aussi.»
La réforme devrait donc être appliquée partout, librement, mais obligatoirement, selon des modalités laissées à l’appréciation de chacun dans le strict respect des instructions ministérielles.
La conférence s’est achevée sur le nouveau mot d’ordre de l’Éducation crestignacienne:
« Pralinons! Éducons!»
Une formule que Monsieur Buskin demande de prononcer distinctement, particulièrement lorsqu’elle lui est adressée.
