Duchifestons! Éducons à la duchifestation!
Monsieur Buskin, ministre de l'Éducation de Crestignac, a prononcé devant les jeunes Crestignaciens son discours d'ouverture de l'enseignement à la duchifestation.
La DdC2 min de lecture
Dans une allocution empreinte de bienveillance et de fermeté pédagogique, le ministre a rappelé les principes fondamentaux de cette pratique citoyenne, accordant une attention particulière à sa forme la plus élégante: la duchifestation pour rien. La DdC publie l'intégralité de son discours.
---
Discours d'ouverture de Monsieur Buskin
Mes chers élèves,
Vous voici réunis, et déjà, sans le savoir, certains d'entre vous duchifestent en silence. Je le vois, et je m'en réjouis.
On me dit que, dans les couloirs, vous avez un mot pour tout. Vous dites phaco, ou faco, ou fako, et je suis heureux que toutes les graphies soient admises. Vous dites aussi, quand quelque chose vous impressionne, que « ça sent du crâne de ministre». Je ne sais pas si c'est un compliment, mais je le reçois avec gratitude, et je note que vous avez trouvé cela tout seuls.
Alors, qu'est-ce que duchifester? C'est accomplir un acte, seul ou à plusieurs, au-dedans ou au-dehors, pour quelqu'un, contre quelque chose, ou sans opinion du tout. On me demande souvent: « Monsieur Buskin, et pourquoi faire?» Je réponds: pour que ce soit fait. Notre résultat n'est pas ailleurs, il est dans l'acte lui-même: la duchifestation réalisée.
Certains voudront duchifester pour obtenir quelque chose. Je les arrête gentiment: le duchifestant ne cherche rien d'autre que d'accomplir son acte. Si la décision ne change pas, si la chose ne bouge pas, qu'importe. Vous aurez duchifesté, et c'est suffisant.
Et si deux camps s'opposent? Parfait. Qu'ils duchifestent chacun de leur côté, farouchement. Ils ne seront pas d'accord, mais chacun aura son résultat. C'est ainsi que Crestignac résout les contradictions sans abolir les désaccords.
Enfin, mes chers élèves, je vous réserve le plus beau: duchifester pour rien. Sans objet, sans motif, avec élégance. C'est la forme que notre cité apprécie le plus.
Pour finir, une chose qui me tient à cœur. Si, pendant l'exercice, vous ne savez pas très bien ce que vous ressentez, ne cherchez pas. Dites phaco. Surprise, admiration, épuisement, enthousiasme: le mot s'en charge, et cela vous évite de vous tromper. Je trouve cela profondément pédagogique.
N'oubliez pas vos autorisations, respectez vos créneaux.
Alors, mes chers élèves, d'une seule voix:
Duchifestons! Éducons à la duchifestation!
